Prendre le temps d’écrire à nouveau
Introspection, écriture introspective, auto-thérapie
Depuis 2005 j’écris dans des carnets j’explore ma pensée, ma poésie, j’archive ma vie. L’introspection a toujours fait partie de moi et l’overthinking m’a souvent faite souffrir. Mettre à l’écrit me permet de prendre du recul et de la hauteur, de magnifier les petites choses, de transcender les maux, d’apaiser le flux de pensées, d’épancher le flow créatif…
C’est une activité qui me constituait pleinement depuis mes 14 ans et qui disait quelque chose de moi, de mon rapport au monde. J’ai perdu, pendant quelques années la régularité salutaire de me confier par écrit aux lignes muettes d’un carnet. Parce que je me suis donnée – et non abandonnée – à la passion amoureuse joyeuse, à la maternité. Et si je dois être honnête, la vie est devenue progressivement ultra connectée sur les réseaux depuis 2015, les vidéos YouTube, Instagram, etc. Ça ne me laissait pas le cerveau disponible à l’écriture introspective. Le divertissement était plus facile pour mon cerveau qui voulait décompressé des frictions, même anodines, de ma vie.
J’écrivais toujours, bien sûr mais seulement quand j’en ressentais l’urgence. Alors ça signifiait que cette médecine arrivait déjà trop tard. Aujourd’hui, depuis deux ans, je me prends le temps et l’espace d’écrire de nouveau.
« Grossesse, accouchement, soins du nourrisson, ces grands événements de la vie se sont produits deux fois dans la mienne, et bien que j’en aie été heureuse, cela a aussi engendré pas mal de chaos, rendant mes journées plutôt mouvementées. Durant cette période, j’ai négligé mon travail d’écrivain public, ainsi je tiens à m’excuser sincèrement du désagrément que cela a pu vous causer. Chaque journée était comme un voyage dans l’espace (…) » Lettes d’amour de Kamakura de Ogawa Ito
Aujourd’hui je reprends possession de mon temps, en conscience.
Écrire n’est pas une tâche de plus à faire. Écrire c’est un fondement nécessaire à notre cerveau. On consomme tellement de contenus courts, rapides, divertissants que nous avons besoin de moments pendant lesquels nous sommes conscient•es à nous même. Des moments pendant lesquels le bruit du monde ne prend plus toute la place. Offrons-nous des moments de calme pour réfléchir et se déposer.
Il n’y a pas une idée de performance mais plutôt de (re)connaissance de soi. Retrouver l’écriture, ça a été pour moi un espace pour me retrouver. C’est prendre part au silence en observant, en reliance avec soi et avec ce qui est plus grand que soi. Dans un monde saturé de bruit et d’images, prendre le temps d’écrire devient un acte de liberté. L’écriture introspective n’est pas un refuge, mais un pas en avant — chaque mot posé rouvre un espace de conscience et de présence à soi.
Écrire, pour renouer avec cette part ancienne et silencieuse de vous-même qui sait encore écouter. Écrire, pour vous remettre au centre, c’est une main tendue vers soi, un geste de soin… C’est oser se relire avec bienveillance et curiosité. Sans jugement. Dans chaque phrase déposée, il y a un pas vers vous-même, une façon de vous retrouver entier·e, libre, vivant·e.
Et si vous vous offriez à nouveau ce temps d’écriture, non pas pour produire, mais pour être?

